2009 - Serge Marchal

04/07/2009
2009 - serge Marchal

OUVRIR LA PORTE D'OMBRE …

 « Le travail de MARCHAL donne une impression de puissance, de force barbare, d'âpreté masculine...  Il envisage la réalisation d'une œuvre à l'instar d'un corps à corps qui prend des allures de lutte entre le sculpteur et la matière ». 

Ces quelques lignes empruntées à Bernard Teulon-Noailles  – écrivain et critique d'art-  lancent l'amateur sur le chemin virtuel, véritable fil d'Ariane, au travers du labyrinthe de mes sculptures. Fil d'Ariane qui me guide sur les traces vagabondes des « civilisations premières ». Je fais mon miel de mythologies improbables, de reliquaires barbares, de masques impénétrables.

L'oeuvre n'est pas simplement l'aboutissement d'une confrontation physique mais elle se nourrit d'antagonismes douloureux ou cocasses, de rencontres hasardeuses d'éléments divers : le caillou, la racine, le coquillage, l'os se frottent, s'assemblent, s'amalgament à l'acier, au verre, au rebut industriel en une multitude d'anecdotes infinies. Mes sculptures ont des racines qui vont puiser leur substance dans les viscères de la Terre.

« Il faut bien un jour ouvrir la porte d'ombre – écrit Michel SERRE dans « Statues » - s'avancer vers les premiers degrés, chercher la lumière pour se reconnaître dans les ténèbres si anciennes que la chair humilièe en a déjà l'habitude. Là, elle (l'oeuvre) expérimente le dur, l'extérieur, l'objectif. »

Et puis l'horreur n'est pas loin de l'humour grinçant. La mort est toujours là. La carapace, l'armure, le squelette témoignent de son passage. Les lambeaux du dehors laissent entrevoir les noirs ravages du dedans.

Pourquoi tout ce noir ?

Parce que lui seul peut faire aussi bien rebondir la lumière...